Diner avec Najy Benhassine – le 2 février 2010
Le mot de Karim Allas
Sur le terrain, le pouvoir discrétionnaire de l’administration semble sans limites, les règles sont incohérentes, inadaptées, interchangeables ; toute statistique, toute probabilité semble aléatoire tant l’écart type est infini, non maitrisable, « biaisé » à la base, la proximité grandissante entre les secteurs publics et privés favoriserait collusion, malversations et copinage : l’économie serait plus basée sur les connaissances que sur la connaissance. Le « privé » parait inerte, amorphe, sans voix, sans poids dans l’économie, sans représentativité, acceptant son triste sort comme inscrit fatalement dans une logique de crise éternelle et s’y accommodant malgré lui avec un étonnant confort.
Les dés semblent pipés, tout est incompréhensible, en contradiction permanente, le diagnostic, les réserves de change sont au beau fixe, la crédibilité et la stabilité financière n’ont jamais été aussi fortes, le chômage grandi, l’informel s’impose et rien ne semble pouvoir l’arrêter, la productivité baisse, les exportations hors hydrocarbures sont confidentielles ; le pétrole a aveuglé le paysage économique, les symptômes du mal hollandais sont là bien présents : nous sommes tristement riches, trop riches, l’histoire a déjà décrit ce qu’il faut faire pour guérir le mal Reste a trouver les médecins qui conduiront fermement le protocole thérapeutique sans céder a l’appel des familles qui souhaitent aller doucement pour ne pas souffrir le malade |