Communiqué de Presse
Le Cercle d’Action et de Réflexion autour de l’entreprise, CARE -, organise avec l'appui de la Fondation Friedrich Naumann un petit déjeuner - débat, le Jeudi 10 Juin 2010 à 9h00 à l'E.S.A.A. – Les Pins Maritimes – Mohammadia – ALGER.
Le thème qui sera abordé est :
« L’emploi informel :
entre exclusion sociale et dysfonctionnement économique ».
Ce débat sera animé par Dr Nacereddine HAMMOUDA, Chercheur au CREAD et auteur de plusieurs études économiques.
Modérateur : Nadhir LAGGOUNE Consultant en stratégie d’entreprise et membre de CARE
L’analyse du marché du travail a été depuis longtemps enfermée dans un débat théorique, plutôt fécond pour une période donnée, quant à la saisie des éléments fondamentaux structurant l’activité économique - constitués de l’emploi et du chômage. Depuis, un débat s’est instauré autour de la conceptualisation de la notion de “sous-emploi” et de la typologie du chômage. Depuis les années 1970, on “ découvre” l’existence d’un secteur dit “ informel”. Ce secteur invalide la dichotomie emploi - chômage et s’impose dans une situation médiane - comme une réalité concrète, ayant une dynamique particulière aussi bien dans les économies avancées que dans les pays en voie de développement.
Depuis la crise des années 1970, la situation du marché du travail s’est dégradée partout dans le monde. Le chômage est devenu massif. Le secteur informel a connu une dynamique intense avec le ralentissement de la création d’emploi. L’informel semble être ainsi “une réponse adéquate” pour atténuer les tensions sur le marché du travail. Sa “ structuration” est préconisée par tous les observateurs afin d’éviter une extension préjudiciable à l’économie. Ce secteur contribue ainsi à la réduction de la pauvreté induite par le chômage chronique.
Mais la “structuration” du secteur informel préconisée par certains experts n’est pas sans poser un problème de fond à savoir la consécration de “ l’exclusion sociale ”. La thèse d’exclusion sociale, développée dans les pays du Nord, moyennant une adaptation, peut, contribuer à mieux cerner la vitalité du secteur informel dans les pays du Sud.
Depuis les années 1990, nous avons pu lire quelques écrits sur le secteur informel au Maghreb, mais la connaissance de ce secteur reste encore dans le flou total. Le débat récent sur les statistiques de l’emploi et du chômage atteste les insuffisances des indicateurs classiques de l’activité et de la population active et de la méconnaissance du secteur informel.
« A notre sens, c’est l’opacité de ce secteur qui rend difficile la perception de l’emploi et du chômage. Notre objectif, si modeste soit-il, est de contribuer à la clarification de ce secteur en rapport avec le phénomène d’exclusion sociale mais aussi avec nombre de dysfonctionnements de l’économie dans son ensemble » remarque N. Hammouda.
La question principale soulevée par ces constats est la suivante : quel est le poids réel du secteur informel sur le marché du travail ? Et dans ce cas, quelles sont les implications sur le fonctionnement de celui-ci mais aussi de l’économie dans son ensemble ? Dans quelle mesure les dysfonctionnements de l’économie entraîneraient-ils une dynamique du secteur informel ? Ce secteur serait-il lié aux comportements d’activité des agents sociaux ? Dans quelle mesure l’exclusion sociale expliquerait le recours à l’informel ?
Autant de questions auxquels ce débat tentera de répondre.
Docteur Nacereddine Hammouda
M. Nacer-Eddine HAMMOUDA a reçu une formation de base en mathématiques à l’université d’Alger, se spécialise en probabilités et statistiques et obtient un diplôme de l’enseignement supérieur en 1977. Puis suit une formation d’ingénieur statisticien économiste de trois années dans une grande école.
A la fin de ses études, il rejoint l’office national des statistiques où M HAMMOUDA va s’occuper plus spécialement des statistiques sociales et s’intéresse plus particulièrement à l’une des plus importantes sources de données à savoir les enquêtes auprès des ménages. Fort de sa parfaite maîtrise du processus de production des données en Algérie, M HAMMOUDA va préparer une thèse de doctorat en sciences économiques, tout en continuant à exercer au sein de l’ONS en tant que méthodologue.
Après l’obtention de son doctorat, M HAMMOUDA va s’orienter vers la recherche scientifique en rejoignant le centre de recherche en économie appliquée au développement (CREAD) où il participe à plusieurs équipes de recherches tant nationales qu’internationales en se focalisant sur l’analyse du marché du travail algérien et maghrébin. Son champ de recherche s’est élargi à l’ensemble de l’économie sociale et au développement humain.
Publication récentes sur le sujet
1/ Secteur et emploi informels en Algérie : définitions, mesures et méthodes d’estimation p. 79-118, in « informalisation des économies maghrébines » CREAD 2006
2/ Nacer-Eddine HAMMOUDA & Hamid ZIDOUNI « Quelques données de base sur les entreprises privées algériennes » in « de la gouvernance des PME-PMI : regards croisés France-Algérie »; pp 65-80, l’harmattan paris 2005
3/ « la question de l’emploi au Maghreb central » M.S. usette & Hammouda eds, ouvrage collectif CREAD Alger 2007
Travaux en lien avec la thématique :
1/ Projet de recherche réalisé en 2005 sur la flexibilité du marché du travail et concurrence sur le marché des biens et services au Maghreb
2/ l’enquête sur le climat d’affaires en Algérie réalisée en 2007 par le CREAD pour le compte de la Banque mondiale.
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